David Martin préconise une démarche plus globale vis-à-vis de la politique canadienne des transports

Lundi 28 novembre 2011

Lors d’une allocution prononcée devant le Conseil consultatif maritime canadien le 9 novembre 2011, David Martin, actionnaire et directeur du Groupe CSL, a demandé que l’industrie et le gouvernement fédéral mettent à profit l’avantage concurrentiel associé au transport maritime à courte distance en tant qu’élément clé du développement économique et de la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) au Canada.

La structure du commerce intérieur du vrac laisse voir des écarts criants entre les émissions de GES du transport maritime à courte distance et celles du transport ferroviaire ou routier. Le déplacement par chemin de fer d’une tonne de fret produit en effet 170 % plus d’émissions que son déplacement par bateau et 260 % plus que son transport par navire auto-déchargeur. Le déplacement par camion d’une tonne de fret entraînera par ailleurs le rejet de 300 % plus d’émissions que son déplacement par bateau et 620 % plus d’émissions que son transport par navire auto-déchargeur.

« Personne ne peut contester le fait qu’un bateau peut déplacer une tonne de fret sur une plus longue distance en utilisant moins de carburant et en rejetant moins d’émissions que tout autre mode de transport, a souligné M. Martin. Pourtant, les gouvernements ne semblent pas vouloir adopter de politique qui tienne compte de ce fait et l’industrie omet de reconnaître que les enjeux environnementaux, en particulier celui des émissions de GES, constituent notre avantage concurrentiel le plus important par rapport au transport ferroviaire et au camionnage, deux modes de transport beaucoup plus polluants. »

M. Martin demande aux gouvernements de faire valoir l’avantage concurrentiel associé au transport maritime à courte distance de deux manières : tout d’abord, en incluant les émissions de GES en tant que critère essentiel de l’élaboration de la politique pour tous les modes de transport; en deuxième lieu, en définissant le transport maritime à courte distance et en officialisant une politique qui le favorise comme le mode de transport de vrac le plus énergétiquement efficace et le moins polluant.

David Martin propose qu’on définisse le transport maritime à coure distance comme suit : tout transport par bateau, peu importe son type et sa taille, qui a comme concurrents le transport routier et le transport ferroviaire.

« Lorsqu’on aura défini officiellement et formalisé le transport maritime à courte distance, ce dont la future politique des transports devra tenir compte, il se produira deux choses. Tout d’abord, les lignes de concurrence entre les transports ferroviaire, routier et maritime seront beaucoup plus nettes, en particulier quand on tiendra compte de l’empreinte environnementale de chaque mode; en deuxième lieu, le gouvernement du Canada sera en mesure de défendre la définition du transport maritime à courte distance dans des organisations mondiales comme l’Organisation maritime internationale (OMI), assurant ainsi la protection et la promotion de notre industrie. »

Les sociétés qui font du transport maritime à courte distance ont un rôle déterminant à jouer pour aider les gouvernements dans le cadre de cette démarche. À cet égard, M. Martin demande à l’industrie d’être plus proactive et audacieuse dans ses efforts en vue de réduire les émissions, « sinon elle se verra imposer à terme une réglementation qui ne lui sera pas bénéfique et qui ne le sera pas non plus pour le pays, et cette réglementation sera sans nul doute influencée par les pressions plus fortes des deux modes de transport les plus polluants. »

Reconnaissant le caractère inévitable d’une législation plus sévère touchant les émissions polluantes, il encourage l’industrie à demander au gouvernement d’appliquer de manière non discriminatoire aux transports maritime, routier et ferroviaire toute nouvelle mesure axée sur le marché. M. Martin recommande que cette stratégie d’atténuation globale des émissions de GES liées à toutes les formes de transport de fret soit assujettie aux conditions suivantes :

  • 1) La performance environnementale supérieure du transport maritime à courte distance doit être prise en compte dans le cadre d’une politique globale des transports;
  • 2) Des rabais devraient être accordés aux compagnies de navigation ayant adopté une technologie d’épuration du carbone;
  • 3) Des remises devraient être versées à ceux qui adoptent de manière précoce des pratiques d’exploitation durables;
  • 4) Dans l’éventualité que la mesure axée sur le marché ait des incidences sur les recettes, une partie importante de l’argent perçu auprès de l’industrie devrait être consacrée à la recherche et au développement en environnement pour l’industrie du transport maritime.

Les pratiques d’exploitation durables font partie intégrante de la philosophie d’entreprise de CSL et lui ont permis de réduire ses émissions de GES de 23 % sur la base d’une tonne par mille par rapporta aux niveaux de 1990.

« Des investissements dans le développement durable au moyen du renouvellement de la flotte, de la R. et D. ainsi que d’un examen constant de nos pratiques d’exploitation nous ont permis non seulement de réduire considérablement notre impact environnemental, mais aussi d’accroître notre efficience et notre rentabilité », a souligné M. Martin.

« La performance environnementale représente un atout pour l’industrie du transport maritime à courte distance, et non un élément de passif. À terme, les Canadiens ont le plus à gagner de pratiques commerciales durables qui favorisent une croissance économique et environnementale. »